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 Kiss my love gun - [PV.]

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MessageSujet: Kiss my love gun - [PV.]   Mer 6 Mar - 0:09

C O M E B A C K O N T H E R U N
A N D K I S S M Y L O V E G U N



Jour, nuit. Jour, nuit. Jour...

A vrai dire, c'était exactement la même chose là haut. Mais tout était différent. Oui, tout était différent. Le soleil, vrai, brûlait ma peau déjà brune. Et puis, là haut, à chaque réveil, elle était là. Elle était là, dos à moi, son épaule nue dépassant du drap sous lequel se dessinait son corps fin, dans toute sa sensualité. Alors, je passais le bout de mon index sur sa peau dorée, la caressant, unie aux rayons du soleil, distraitement. Et puis, sans un bruit, je me levais, la laissant au milieu de ses rêves. Sur la pointe des pieds, je marchais jusqu'à la porte, veillant à ne pas la faire grincer. Au passage, ma main s'attardait sur la table de bois, plantée au milieu de la grande pièce, saisissant un bout de carton. Une fois dehors, je prenais une longue inspiration, et sortais une cigarette, que je fumais tranquillement, sans un mot, en solitaire. Une fois grillée, je pouvais commencer ma journée.

Ici, c'était tout de même bien différent. Je me réveillais, grillais ma cigarette, mais n'avait pas le privilège de pouvoir caresser sa peau. Chaque matin, j'aventurais ma main sur le matelas, comme si je cherchais la chaleur de son corps. Et rien. Rien, que le drap plissé sur lequel je passais quelques nuits agitées. Heureusement, j'avais toujours mes clopes. A vrai dire, à par celle qui autrefois partageait ma vie, je pouvais trouver de tout ici. Enfin, peut-être que ça serait un peu compliqué de trouver tout ce qu'il fallait pour une bonne feijoada. Et puis, le décor n'était pas le même.
Dans la maison qui m'avait été attribuée, je me levais ce matin, et me dirigeais vers la fenêtre, que j'ouvris avant d'allumer ma cigarette matinale. Un regard circulaire dehors. Le quartier où désormais je devrais rentrer chaque soir, pour retransmettre si besoin des informations à la surface. Jusque là, je n'avais passé que quelques jours ici bas. Et il n'y avait rien à signaler. Ne serait-ce que je n'avais aucune compétence en ce qui concernait la diplomatie.. heureusement, on m'avait refourguée une menina qui s'occupait de négocier les échanges entre ce que je faisais et ce qu'on recevrait en retour. Si je m'étais lancé seule, les habitants d'Underland se seraient bien vite dit qu'il était possible de se passer du pain chaud le matin. Helena, la gamine qui bossait avec moi, savait mettre littéralement la main à la patte. Ce qui était amusant, c'est qu'en descendant ici, j'aurais pensé que tous les taulards auraient ce caractère désinvolte que j'avais. Et pourtant, Helena était ce qu'il y avait de plus doux pour une criminelle. Je la connaissais à peine, et aussi je ne me permettais aucune question indiscrète. Mais je me demandais bien ce qu'elle faisait ici. Même si on m'avait mise au courant que certains étaient nés ici, et n'avaient jamais vu la surface de la Terre.

Comment je l'avais appris ? Tout simplement car la première personne à qui j'ai eu à faire était une native d'Underland. Lorsque j'ai communiqué son nom aux flics avec qui j'étais en contact, ils se sont marrés. " Toi, tu es partie t'acheter un flingue !" Merda. Cramée. " Bah ouais. Vous m'envoyez au milieu de criminels, vous pensez pas que j'vais rester sans rien." Enfin. De toute façon, tout le monde passe par Ellen R. Meyer à Underland. Surtout quand t'es une taupe. Mais ça, fallait éviter de le faire savoir. Enfin, pour revenir à notre artificière, le contact fut bref, mais cette fille avait l'air d'avoir un grain, comme tous les frappadingues de guns, me direz-vous. Dès le premier jours où j'étais arrivée, j'avais cherché où me procurer une arme. Sans mon glock, je me sentais à poil. Et il était temps de m'en trouver un nouveau. J'avais demandé le denier modèle. Un peu moins léger que le précédent, mais il envoyait du lourd, c'était le cas de le dire. Peu m'importait, il me fallait un flingue, dans la meilleure gamme. Et jamais un glock ne m'avait trahie. Pour une fois, je m'étais autorisé une fantaisie. J'avais demandé s'il était possible de faire graver un cristo rei sur la crosse, en souvenir de ma cidade maravilhosa. Enfin. Je lui laissais libre cours du moment que l'arme restait efficace et pratique. Quand à ce qu'elle en aurait en échange, je n'étais pas passée par Helena pour le négoce. Cette arme, j'en faisais quelque chose de personnel, et si je m'étais rendue seule commander l'arme, je me rendais aussi seule pour la récupérer.

J'écrasais le mégot au sol. Douche rapide. Un jean, un débardeur. Et j'étais en route pour l'atelier de la rouquine aux flingues. J'arrivais devant la porte.

Trois coups.
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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Dim 10 Mar - 14:25

    Lorsqu'on avait rencontré Ellen en-dehors des ateliers, il était difficile de l'imaginer studieuse. Folle, délabrée, complètement névrosée, étaient des termes qui revenaient souvent pour se pencher sur son cas. Il était bien plus rare d'en entendre du bien, à savoir le calme, la patience et la rigueur dont elle faisait preuve lorsque la forge était allumée, lorsqu'il fallait modeler le métal, donner forme à ce qui n'en avait pas pour le charger, soudain, d'une mission, d'une fonction, d'un but. Seule leur histoire restait à écrire. Mais de cela, elle ne voulait pas en entendre parler. Son art consistait en la naissance de l'arme, alors immaculée. La suite ne l'intéressait plus. Elle était de ces poètes qui se contentaient d'aimer leur création se défiant du monde en ignorant ses critiques. En ne cherchant même pas à savoir, de fait, s'il s'était penché sur son œuvre. Le contentement de ses clients ne représentait qu'une infime partie de ce que son travail colossal représentait. Parce que, malgré tout, c'était sûr, Ellen était douée. Elle manipulait le feu avec dextérité, ne se brûlait presque plus. Rendait toujours un travail impeccable. En temps et en heure. Et, si elle se permettait d'être fantaisiste, jamais, au grand jamais, on n'avait vu l'une de ses productions diverger de la commande qu'on lui avait passée. Elle mettait un point d'honneur à être la meilleure, à faire honneur à la famille. Ou bien juste à elle-même.
    Mais ce jour-là, la native était en retard. La formation du glock en elle-même ne l'avait pas rebutée, elle s'était mise à la tâche sitôt après la commande passée, avait forgé la culasse, le percuteur, le canon, façonné les polymères, assemblé les éléments. Et paf, ça fait des chocapics. Elle était partie sur un modèle 17L, l'estimant plus pratique et fonctionnel que ses confrères. C'était ce qu'elle avait demandé, après tout. Il était, certes, plus lourd, plus long que ses confrères, mais restait malléable et utile. Pas comme le Glock 18, qui ne servait que d'avertisseur sonore. Non, pour se défendre, mieux valait une valeur sûre. Avec cette arme-là, elle pourrait tuer. C'était le but, n'est-ce pas ? Enfin, la question n'était pas là. Après avoir monté l'arme proprement dite, elle s'évertua à graver le fameux cristo rei sur sa crosse. Seulement voilà, Ellen avait ce gros défaut d'être née à Underland. De n'avoir jamais connu la surface de la Terre. D'ignorer jusqu'au nom d'au moins une des Sept Merveilles du monde. Les prisonniers qui débarquaient tout juste avaient ce même réflexe d'oublier qu'ils ne venaient pas du même monde qu'elle. Son monde, à elle, se résumait à un soleil qui, parfois, grillait, à des arbres déplumés et ternes, à de petits animaux faméliques. Pas à un Jésus qui écartait les bras en haut d'une tour.
    Elle avait donc fait le tour de la ville, cherché une personne à peu près stable pour lui expliquer ce que c'était que ce truc dont elle ignorait tout. Première difficulté. Comment savoir si ce gars n'allait pas te foutre dans la merde ? Ah, celui-là acceptait, mais il fallait payer. Somme toute, mieux valait demander à plusieurs prisonniers. En cas d'entourloupe. Puis, les renseignements pris, il avait fallu se mettre en quête de Jack. Non, pas l'éventreur, le dessinateur. Parce qu'elle avait beau savoir ce qu'était un cristo rei, elle n'avait aucune idée de ce à quoi ça ressemblait. Il lui fallait un dessin, pour pouvoir graver dans la chair de l'arme ce fil de passé inexploité qu'on lui avait demandé de nouer au présent. Au fond, c'était tous des sentimentalistes. Mais voilà. Le Jack, il est pas si évident que ça à débusquer. Il ne se planque pas, il se perd. Et c'est bien pire. Parce que trouver quelqu'un quand cette personne ne sait déjà pas elle-même où elle se trouve, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus évident. Elle avait arpenté les rues, la forêt, le lac, avant de lui tomber dessus. Avait arrangé un échange. Était repartie dormir pour quelques heures.
    A cinq heures, elle se relevait, nouait ses cheveux en une longue queue de cheval, posait ses lunettes sur son nez, revêtait pantalon, chemise et gants et retournait finir son travail. Un coup au chaud, une frappe. Un coup de feu, une frappe. Elle s'appliqua, minutieusement, à graver chaque détail, chaque parcelle de ce souvenir à l'arme destructrice. Et, à neuf heures, lorsque trois coups retentirent à la porte, elle peaufinait encore le dessin, le perfectionnait. Moite de sueur, toute à sa concentration, elle ne prit même pas la peine de regarder la porte. « Entrez », lança-t-elle sans plus attendre. Et elle frappa, encore une fois, imputant une nouvelle marque à la crosse déjà bien avancée.





Spoiler:
 


Und der Haifisch der hat Tränen, und die laufen vom Gesicht. Doch der Haifisch lebt im Wasser so die Tränen sieht man nicht.  In der Tiefe ist es einsam und so manche Zähre fließt. Und so kommt es, dass das Wasser in den Meeren salzig ist.

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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Lun 11 Mar - 22:41

    Il fallait dire que j'eus peine à ne pas tressauter lorsque j'entrais dans l'atelier. Des coups de feus, j'en avais l'habitude, mais je ne m'attendais pas à ce que je fasse irruption alors qu'elle était en pleine - bruyante - confection d'une arme. Et encore mieux, de mon arme. Alors que je m'approchais à un distance raisonnable, je pus le remarquer aisément, reconnaissant la forme caractéristique de la bête. Je plissais les yeux, et affichais un sourire, alors que je pouvais voir, sous chacun de ses coups, se dessiner un peu plus en détail ce paysage digne de carte postale qui avait été le décor de ma vie pendant 23 années, jusqu'à ce que je finisse ici, dans un milieu qu'on imagine difficilement plus dur que la favela, mais oui, c'était possible. A vrai dire, Underland équivalait à mes yeux un quartier où on aurait rassemblé toutes les icônes coupables de Rio. Et deus do ceu, des malades, il y en avait. Heureusement pour moi, je ne faisais pas partie des plus dérangés. Moi, je m'étais contentée de diriger un des plus grand réseau de deal et de tirer sur quelques mecs, bien entre les yeux, ou bien droit dans le coeur. Moi, j'étais qu'une criminelle banale. Un vrai timbré, il aurait pris une innocente et l'aurait découpée en petits morceaux pour ensuite l'envoyer au mari de la pauvre victime, alors tout fraîchement veuf. Et ça, ça arrivait vraiment. Honnêtement, je priais pour ne pas qu'ils aient décidé de l'envoyer ici.. bien que je me doutais qu'il devait y avoir parmi nous des équivalent tout aussi nets.
    J'espérais également que la jeune femme qui se trouvait en face de moi ne faisait pas partie de ces givrés qui ont absolument besoin de faire couleur du sang. En tout cas, pour s'y connaître en flingues, elle s'y connaissait. Je l'observais du coin de l'oeil, mon regard passant de l'arme à son visage, peint de cette expression de concentration prononcée. Il était amusant de voir une personne au caractère à première vue si détaché soudainement si impliquée dans un travail parfaitement précis. Chaque coup semblait minutieusement calculé, et sans doute était-ce le cas. Je pouvais distinguer, quelques gouttes de sueur se glisser le long de son cou, pour se perdre dans le col de sa chemise. Dans chacune de ces gouttes de transpiration se dissimulait une partie du travail qu'elle fournissait à la perfection.. et sans doute avec passion. Ce n'était pas la première fois que je voyais quelqu'un travailler de la sorte; la seule différence était ce que la personne tenait entre ses main. Celui qui m'avait enseigné l'art sucré avait, étrangement, la même expression que la rouquine affichait à l'instant. Et sans doute avais-je, moi aussi, le même rictus de concentration lorsque je mettais les mains à la pâte, littéralement. Nous avions tous en revers, sous nos gueules de condamnés; le mien était dans la pâtisserie, le sien était dans les flingues. Cette passion découlait certes de violence, mais on ne pouvait nier, quand on suivait son travail de près, qu'il y avait une certaine forme d'art dans la construction de ses armes. Ce n'est pas n'importe quel artificier qui aurait pu exécuter a demande avec tant de perfection. Les armes de nos jours étaient bien trop souvent créées que pour leur efficacité. C'était peut-être là le premier désir de son acquéreur, mais comme on s'attache à un bijou où quelconque objet de tous les jours tel qu'un simple briquet, on pouvait s'attacher à son arme. Ici bas, je devais assurer mes arrières bien plus menacés que je ne le pensais, et ce glock, c'était mon moyen le plus sûr de me raccrocher à ma vie, ma survie. Puisqu'il serait mon unique moyen de défense, autant que je m'autorise le privilège d'avoir, en plus d'une arme efficace, une belle arme. J'avais ici bien plus d'ennemis potentiels que d'alliés possibles, et la seule chose sur laquelle je pouvais compter en tout confiance, c'était mon adresse et mon arme. On ne fait confiance qu'à soi-même.

    Je me rapprochais un peu plus alors que le travail approchait son achèvement. Un sourire en coin se dessina sur mes lèvres, alors que mon regard parcourait les lignes qui se dessinaient sur la crosse. Entre deux coups, quelques mots s'échappèrent de mes lèvres.

    - Joli.

    Il n'y avait pas que le décor carioca qui l'était; je voulais dire, joli coup de main. Bien sûr qu'il était évident que ma ville état belle; son travail également. Une certaine chaleur gagna mon corps, et ce n'était pas dû qu'à la chaleur moite qui régnait dans l'atelier. Non, cette chaleur, c'était le bonheur de revoir l'allure fière du christ perché sur le Corcovado. Bien. Avoir un peu de ma ville natale sur moi, c'était une force en plus pour vivre ici, en sachant qu'en haut, les gens m'oublieraient peu à peu, me remplaçant par d'autres. Il fallait que je me fasse à cette idée; je ne les reverrais pas. Mais il était trop tôt pour que je sois à l'aise dans cet univers souterrain; je n'étais arrivée que depuis trop peu de temps.
    En attendant, il était temps de me familiariser un peu avec ceux qui feraient mon quotidien. Helena était la première, Ellen la seconde. Car une fois que je m'étais appropriée le Glock, il fallait que j'ai des munitions. En tout cas, j'espérais ne pas avoir à en redemander de sitôt. Dès aujourd'hui, je prendrais de quoi recharger deux fois, et pour le reste, on verrait à quelle vitesse je viderai mes stocks.



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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Mar 12 Mar - 18:18

    Ellen se souvenait encore du jour où elle avait fait commerce de son premier flingue. Ce type était venu la voir, les mains dans les poches, totalement décontracté. Je veux une arme, qu'il lui avait dit. Elle l'avait jeté dehors, canon sur la tempe. Cela lui paraissait inconcevable. Si elle avait largement le savoir-faire nécessaire, elle refusait catégoriquement de l'utiliser. Elle ne se rendait pas compte, à l'époque, que ce business était florissant, qu'il lui serait bien plus profitable, qu'elle ne pourrait pas vivre sans. Il était revenu, jour après jour. Je veux une arme. Une semaine. Un mois. Trois mois. Il se faisait chaque jour plus insistant, alors que ses réserves de nourriture et d'alcool s'épuisaient. Après cinq jours de famine, elle avait fini par céder. L'époque des couleurs, des rires, était finie. Elle lui fabriqua un colt, la base, le classique. S'il en fut satisfait, il ne la paya pas autant qu'elle l'eut voulu. Il profita de sa faiblesse passagère. Et elle se vengea lorsqu'il revint, une semaine plus tard, racheter des munitions. Lorsqu'il arma la balle, elle lui explosa à la figure, ne laissant de lui que la trace d'une existence bafouée, vouée au crime et à la mort. Mais le mal était fait. Les commandes affluèrent. Tout le monde voulait se protéger. Tout le monde voulait effrayer. Tout le monde voulait la pointe de la perfection. Ce qui se faisait de mieux, en machine à tuer.
    Elle se haït. Pendant des mois, des années. Chaque décès lui semblait causé par sa faute. Ces personnes-là ne pourraient plus jamais s'extasier devant la beauté d'un feu d'artifices. En fait, plus personnes ne s'extasiait devant la beauté des feux. Ils restaient entassés, là, dans un coin de l'atelier, poussiéreux. Aussi poussiéreux que ses sentiments, ses remords, qui s'étaient taris, avaient laissé la place à une indifférence obtuse. Il fallait bien qu'elle survive. Pour survivre, il fallait bien qu'elle donne satisfaction à ses clients. Et puis, si ce n'était pas par son biais, ils trouveraient bien un moyen de s'entretuer, de toute façon. Et les vies se faisaient et se défaisaient, continuellement. Mais maintenant, cela n'avait plus d'importance. Les coupables étaient emprisonnés, revendiquaient leur arme personnelle. Comme Julia Allevato. « Joli », l'entendit-elle dire à côté d'elle, alors qu'elle frappait une dernière fois le Glock, finalisait son œuvre. Evidemment, eut-elle envie de répondre tandis qu'elle attrapait l'arme de sa pince et la plongeait dans l'eau pour favoriser son refroidissement. Elle laissa ensuite l'encre glisser entre les sillons, lentement, venant apporter la touche de couleur, de fantaisie, à l'arme. Du bleu, du rouge, s'installaient chacun d'un côté du dessin et venaient se rejoindre en son centre, explosaient en un pourpre vaporeux. Elle laissa l'arme sécher sur la table, se rendit au lavabo pour laver ses mains moites, puis les sécha avec un torchon vite humide. « Dois-je comprendre que cela te convient ? » finit-elle par demander à la jeune femme, plutôt blasée. Elle en avait vu passer tellement, de ces criminels endurcis, qui venaient chipailler pour un détail des plus insignifiants, juste pour baisser le prix, pour l'arnaquer. Elle. Mais ils finissaient tous par payer. Et, s'ils ne distinguaient pas la beauté de ses œuvres, ils percevaient sans peine la poudre qui leur montait au nez, quelques secondes avant que la bombe n'explose.
    Son art à elle, son véritable art, était éphémère. Il se distinguait en cette explosion sensuelle et si reconnaissable. Dès lors que le sang coulait, elle le voyait éteint. Définitivement. Et, si les meurtriers voyaient là leurs propres tableaux, elle n'y reconnaissait pas sa signature, quel que soit le mérite qu'on lui attribuait. Ce n'était pas là sa vocation première. Elle pouvait passer un an à fabriquer minutieusement un feu, pour avoir le plaisir de le voir exploser en plein ciel, éphémère œuvre de poussière. Mais ce plaisir se faisait rare. Un coup d’œil sur sa réserve. Il arrivait, quelques fois, que l'on entende les sifflements résonner dans la nuit, tardivement. Mais si peu. Et sans public autre qu'elle-même.
    « Que veux-tu d'autre ? »


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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Mar 12 Mar - 23:18

    Dernier coup de l'artiste. A sec, la gravure était superbe, fidèle à la beauté de la Cidade Maravilhosa. Non, la part du contrat avait été remplie comme il se devait. Ne me restait-il qu'à récupérer l'arme et décider de ce qui serait échangé. Je voulais une arme, voilà qu'elle avait achevé l'oeuvre de ma demande. Les seules réclamations seraient sans doute si le Glock déconnait, en espérant que ce ne soit pas au mauvais moment qu'il plante. Dans ce dernier cas, difficile de faire des réclamations, quand votre arme vous a lâché. D'ailleurs, la dernière fois que j'avais été à court de balles avait été la dernière fois où j'avais pu voir les rues craintes de tous les gringos de Rio, les boyaux des favelas. Où se dressaient des construction éternellement inachevées, perchées sur les pans de montagnes, s'entassant les unes derrière les autres, voire les unes sur les autres. Pour oublier la misère dans laquelle nous vivions tous, les taudis étaient colorés selon nos âmes fantaisistes. D'ailleurs, l'artificier ne savait pas à quel point il savait touché juste en rajoutant une touche colorée sur la crosse, accentuant superbement la contraste entre la gravure éclatante de couleurs vives et la noirceur de l'arme. Le Cristo Rei était gris, mais les toits de ma favel' étaient loin de l'être. Lorsque nous y étions, nous ne pouvions pas réellement nous en rendre compte. Mais à chaque fois que l'on s'éloignait de notre dangereux cocon, on ne pouvait s'empêcher de se dire que toute cette pauvreté, c'était beau. Mais malheureusement, c'était uniquement de loin. Car de loin, la favela n'était autre qu'un assemblage de carrés de couleurs, les toits se superposant les uns les autres comme les carreaux d'une mosaïque extrêmement colorée. Même si tous les touristes s'empressaient de sortir leur appareil photo à chaque fois qu'ils croisaient leur première favela, pour tirer un cliché souvenir de nos quartiers, on n'avait pas besoin d'être étranger pour admirer la misère de loin. De loin, personne ne pouvait nous voir, nous, favelados, circuler entre ces murs dont la finition ne serait jamais achevée, avec tous l'espoir de vouloir s'en sortir, sans pourtant jamais oser quitter ces rues. Quand on naît dans une favela, c'est difficile de se dire qu'il est possible de payer des impôts. Là était tout le principe de ne jamais finir sa maison, lorsque l'on vivait sur ces pans de montagne. Difficile aussi de se dire, qu'aujourd'hui, je ne vivais plus dans les hauteurs, mais bien dans les profondeurs.
    Je lui jetais un bref regard alors qu'elle s'éloignait, sans doute pour se laver les mains, au vu du bruit d'écoulement d'eau qui parvint à mes oreilles. Mon regard se posa immédiatement sur l'arme qui séchait. Me fallait-il quelque chose d'autre ?

    - C'est perfeito comme ça. Il me faudra juste de quoi recharger.

    Je la regardais circuler dans cet atelier, son univers. Je pouvais reconnaître quelques pièces,par ci, par là. Quelques armes, sans doutes des commandes en cours. En tout cas, en ce qui concernait la mienne, elle avait été rapide, et je lui en serai reconnaissante. D'ailleurs, il fallait que je voie avec elle ce qu'elle désirait en échange de l'arme et des munitions. Je m'apprêtais d'ailleurs à lui poser la question, lorsque je la surprenais jeter un oeil dans un coin de son atelier. Intriguée, mon regard suivit le sien, et je plissais treès légèrement les yeux.. Etaient-ce.. des feux d'artifice ?
    Involontairement, mon visage s'éclaira quelque peu. Oh, les feux d'artifice. Même quand on est carioca, et qu'on voit le même spectacle tous les ans, on n'arrive pas à se lasser des spectacles que nous offre notre ville. Peut-être tout simplement parce que c'est nous qui les créons. Ca attire les touristas comme des mouches, ils s'émerveillent tous devant tant de beauté, et nous, on en ressort gonflés de fiertés, et on ne peut s'empêcher d'aimer à chaque fois un peu plus ces évènements. Je m'attardais encore un peu sur les feux, avant de reposer mon regard clair sur la rouquine.

    - Ils sont tirés de temps en temps ?

    Si c'était les produits de ses propres mains, elle devait savoir de quoi je parlais exactement. Oh, si elle avait pu voir les feux d'artifice tirés chaque nouvel an sur la plage de Copacabana !
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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Dim 17 Mar - 15:00

    « C'est perfeito comme ça. Il me faudra juste de quoi recharger » Un hochement de tête. Évidemment. Elle ne pourrait pas aller très loin sans munitions. Enfin, elle pourrait toujours se servir de la crosse pour assommer ses ennemis mais ça ne promettait pas grands résultats. Les derniers à avoir fait ça y avaient étrangement laissés la vie. Étrangement. Enfin, pas que la vie, si on écoutait tous les racontars qui polluaient la ville à ce sujet. Mais bon. Ellen n’en avait pas grand-chose à foutre ; elle n’était en aucun cas responsable lors de décès de ce genre. C’était vrai quoi, ce n’était pas de sa faute si les gars décidaient de se casser sans balles ni rien. Ah, non, elle ne pouvait pas dire qu’elle ne savait pas, c’est sûr. Quoique… Ils pouvaient très bien s’acheter une arme pour la décoration intérieure, aussi. Si, c’est possible. Y a des gens comme ça. Il paraît. Y bien des barges qui dorment avec un couteau de chasse sous le matelas pour éloigner les fantômes… bien qu’on en croisait guère, à Underland, des fantômes. Le ressentiment devait trop les étouffer pour qu’ils viennent hurler leurs états d’âme. Ou peut-être craignaient-ils encore ces monstres qui les avaient assassinés sans préavis.
    Ellen ne comprenait pas cela. Si elle avait été butée par un fucking prisonnier, elle se ferait une joie de venir le hanter jour et nuit, jusqu’à ce que mort s’ensuive, qu’elle soit naturelle ou provoquée… accidentellement, dirons-nous. Quand on vivait ici, on s’accrochait à la vie. Alors pousser sa victime jusqu’à ce qu’elle se suicide était une victoire des plus distinguées. Il en fallait beaucoup, et bien plus, pour réussir à décider une personne qui se gonflait le moral au milieu d’assassins, sociopathes et cannibales ▬ passons les autres, ceci n’est qu’un faible échantillon de ce qu’on pouvait trouver à Underland ▬ d’appeler la Faucheuse au secours. Mais bon, il fallait avouer qu’être un fantôme, ça aidait grandement. Quand t’es invisible et que tu peux te déplacer où tu veux, comme tu veux, quand tu veux, forcément, c’est plus simple pour espionner les gens et deviner leurs points faibles. Après, il suffisait de mettre tout ça en pratique et hop, service d’horreurs à domicile. Avec tout ça, comment pouvait-on refuser de semer la pagaille dans le cerveau de ses pires ennemis en étant un revenant ? Il fallait être bien frappadingue. Quand même.
    « Ils sont tirés de temps en temps ? » La voix de Julia la ramena à elle. Elle mit quelques instants à comprendre de quoi elle parlait. Oh. Les feux. Mais pourquoi s’y intéressait-elle ? Ils ne pouvaient pas ôter des vies, ni sauver la sienne. A Underland, ils n’avaient aucune valeur. Rien. Nada. Pourtant, elle crut lire quelque chose dans ses yeux, un truc qui ressemblait à… de la joie ? Ca en avait tout l’air. La douceur vint agrémenter les traits de l’artificière. Comprenait-elle ? Peut-être. Lorsque les couleurs chatoyaient, à peine inquiétés par cette voute qu’ils frappaient de tous leurs reflets, un miracle s’opérait. Nuit. Rêve. Oubli. Ces trois étapes se succédaient, s’emboitaient dans ce court laps de temps, si tenu, si éternel. C’était lors de ces soirées, qu’elle passait seule, que la folie lui venait en tête. Folle. Elle l’était, peut-être. Pour elle, les fous, c’était tous ces gens qui refusaient de voir à quel point ce monde pouvait être beau, si l’on y contribuait. Eux ne voulaient rien savoir. Oh, elle avait bien essayé, de leur montrer. Ils restaient obstinément fermés à toute forme de sociabilité, à toute forme de beauté. « De temps à autres », répondit-elle laconiquement. Lorsque personne n’est là pour les voir, pour les entendre, pour les réprimander. Lorsque le monde entier a les yeux fermés. Lorsque la nuit est à son paroxysme, qu’elle les laisse s’envoler dans un éclatement de couleurs intenses, les intensifie encore. Et toujours, lorsqu’elle était seule à pouvoir profiter de ce spectacle. Pour en profiter, justement. Parce que personne ne comprenait à quel point ils étaient majestueux. « Avec bien peu de spectateurs », ajouta-t-elle doucement, une pointe de tristesse dans la voix. Oui, bien peu. Et ce n'était sans doute pas les fantômes des temps passés qui venaient gonfler l'audience.


Und der Haifisch der hat Tränen, und die laufen vom Gesicht. Doch der Haifisch lebt im Wasser so die Tränen sieht man nicht.  In der Tiefe ist es einsam und so manche Zähre fließt. Und so kommt es, dass das Wasser in den Meeren salzig ist.

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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Ven 12 Avr - 10:30

    De temps à autres, avec bien peu de spectateurs. C'était bien loin de ce que chaque nouvel an je vivais, les pieds dans le sable. Après que les feux aient fendu le ciel, le colorant à leur guise, dans des explosions qui nous tiraient de grandes exclamations d'admiration. Avant, on avait même droit à la cascade de feu de cette grande tour sombre qu'était Le Méridien, qui s'enflammait de couleurs lorsque minuit sonnait. Une fois le spectacle terminé, on allait embrasser tout le monde et souhaiter la bonne année à qui venait à nous, sans se soucier de son nom, et si personne ne venaient à nous nous allions à eux. La joie brésilienne, l'ivresse carioca. Et, avec Vic, on allait toutes les deux tremper nos pieds dans la mer, en tenant nos chaussures dans une main, et nos mains libres s'attrapaient, nos doigts s'entrelaçant. On courait sur la plage, pour aller jeter quelques fleurs blanches dans la mer, avant de sauter sept vagues et faire un vœu, comme le voulait la tradition. Et on repartait ; tourner dans les bars, retrouver des amis, se rendre chez d'autres, se perdre, se retrouver, et ne pas oublier de passer chez Carlos, qui chaque année nous surprenait avec une pièce montée inimaginablement délicieuse. Voilà, ce que c'était pour moi, tirer des feux.
    Pourtant, je sentais bien qu'un certain regret était empreint dans la voix, lorsqu'elle m'annonça la faible popularité de ces explosions de couleur. Avant que mes yeux se posent sur ses stocks, j'avoue ne jamais avoir pu imaginer une seule seconde qu'il était possible de tirer des feux ici, alors que nous étions sous la terre, un plafond trompeur nous couvrant. Un mauvais calcul dans la confection des feux, et ils se heurteraient au sommet. Être artificier n'était pas mince affaire ; il était impressionnant qu'une personne n'ayant jamais vécu au-dessus soit si habile en la matière. Je me demandais d'où elle tirait son savoir, mais mon caractère m'empêchait toute indiscrétion de la sorte. Je n'allais pas poser des questions sur son passé, alors que je prenais souvent bien soin de dissimuler le mien. Mais malgré son allure peu sociable, ce que confirmait ses dires – je supposais que quand on avait peu de spectateurs on n'avait pas forcément beaucoup d'amis – l'artificière m'inspirait une certaine sympathie. Peut-être puisqu'elle me semblait atypique, loin de tous les stéréotypes féminins que l'on pouvait croiser, loin du stéréotype de la bimbo brésilienne qu'on pouvait m’étiqueter sans avoir pris la peine de découvrir mon caractère loin d'être en accord avec mon allure.

    - La prochaine fois que tu les tires, préviens moi.

    Je sortais de ma poche un calepin dont, dans la rainure, était glissé un crayon. Toujours avoir de quoi écrire sur soi. J'inscrivais d'un coup de crayon rapide le numéro de téléphone qui m'avait été attribué quand j'étais arrivée à Underland. J'étais ici pour purger ma peine, mais aussi assurer mon rôle d'infiltrée, mais retranscrire tout ce qui se passait en-dessous au dessus, n'avait rien de bien compliqué lorsque rien de particulier ne se tramait. Pour pouvoir chercher en profondeur, il aurait fallut que je me rapproche de l'équipe qui se terrait dans la mairie. C'était là-bas que les trucs se complotaient, mais pour le moment, je n'avais pas envie de trop me donner dans la recherche d'informations. J'étais là depuis assez peu de temps, si je cherchais à m'incruster immédiatement du côté de la mairie, cela ne passerait pas inaperçu, et je me devais d'être discrète. Me faire repérer mettait ma vie en jeu. Alors, autant que je prenne mon temps, et que je m'accorde, de temps à autres, quelques divertissements tels qu'une nuit à repenser au passé, rien qu'au travers de couleurs explosives maculant le ciel sombre de la nuit, aussi artificielle qu'elle soit.
    Puis, je lui tendais le papier, avec un sourire en coin.

    - J'amènerai le pop-corn.

    Fis-je, assurant que j'étais sérieuse lorsque je lui disais que je voulais voir ses feux d'artifice. Bien évidemment, ce n'était peut-être pas du pop-corn que j'amènerai – bien mieux de déguster quelques pâtisseries – mais je ne comptais pas venir les mains vides
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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Ven 10 Mai - 16:10

    « La prochaine fois que tu les tires, préviens moi. » Elle resta sceptique un instant. Elle comprenait aisément la joie que l'on pouvait ressentir en voyant toutes ces lumières pétarader dans le ciel, mais elle ne voyait pas en quoi cela pouvait être profitable à Julia. Il était rare que des prisonniers nouvellement installés se préoccupent d'autre chose que de leur survie ▬ en fait, de mémoire de femme, ce n'était jamais arrivé. Ils mettaient généralement un bon moment avant de réussir à s'affranchir de leurs doutes concernant toute la populace alentours, assez pour se préoccuper d'autre chose que de verrouiller les portes en rentrant chez eux le soir. Certains n'y arrivaient jamais. Et Julia, elle... elle n'avait pas l'air vraiment perturbée, en fait. C'était à se demander dans quoi elle avait vécu. Elle piquait la curiosité d'Ellen. Certes, elle était venue lui acheter une arme ▬ n'importe quelle personne sensée en aurait fait autant ▬ mais un simple Glock était-il une source de protection suffisante ? La plupart des gens qui débarquaient ici estimaient que non, vu l'attirail qu'ils lui achetaient à leur arrivée. En fait, la native faisait ses plus gros profits lors d'un nouvel arrivage. Flingues, gilets, protections de toute sorte, voilà ce qu'on lui demandait en général. Et au final, ils utilisaient son matériel, quoi, deux jours ? Avant de se rendre compte qu'il était inutile. Tant mieux pour la brésilienne, si la peur ne la rendait pas stupide. C'était un bon point pour elle. Mais elle avait dû vivre des moments bien difficiles pour ne pas s'inquiéter outre mesure d'avoir été balancée au milieu d'une meute de loups affamés. « J'amènerai le pop-corn. » AH BAH SI ON PARLE DE BOUFFE CA CHANGE TOUT. Elle sourit franchement, balaya toutes ses questions d'un revers de la pensée. Ellen était vraiment trop corruptible. C'était la principale raison pour laquelle on ne lui faisait pas confiance. Elle pouvait retourner sa veste d'un claquement de doigt, pour un simple carambar. Mais, quand on savait d'où elle venait, ça n'avait rien d'étonnant. Bien au contraire. On la discréditait plus que nécessaire en pariant sur son ascendance. Le père Meyer avait beau être retors, sa mère l'était moins. Légèrement. En tout cas, la jeune femme était bien loin de s'apparenter au monstre dont on l'accablait. Si ce n'était ce penchant viscéral pour les sucreries. « Avec plaisir », répondit-elle finalement. Elle sourit franchement à sa cliente, prit le papier qu'elle lui tendait et regarda le numéro avec un enthousiasme non feint. Depuis quand rêvait-elle de partager son art ? Depuis... depuis que ses parents étaient morts, en fait. Tout le monde s'en foutait, de la couleur. Enfin, tout Underland.
    Elle réfléchit un instant puis ajouta : « En fait, vu la demande, je pense qu'il vaut mieux que ce soit toi qui me contactes quand tu auras envie d'en voir. Je peux en tirer tous les soirs mais tu es sans doute plus occupée que moi. » Elle prit néanmoins le numéro de la jeune femme puis fit claquer son stylo et lui remit le sien sur un post-it. Elle sourit. « Ne le perds pas. Ça peut toujours être utile. » On ne sait jamais ce qui pouvait arriver. Une seule chose était sûre ; pour le coup, Julia s'était faite une alliée. Pas exceptionnelle, certes. Mais tant qu'elle pourrait la fournir en pâtisserie et qu'elle serait aussi aimante des feux d'artifices, elle n'en aurait rien à craindre, en tout cas. Qui qu'elle soit.


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Kiss my love gun - [PV.]   Dim 2 Juin - 20:49

    J'eus une mine quelque peu amusée lorsqu'elle afficha un large sourire à l'instant où je déclarais amener de quoi manger. Si elle ne m'étais pas totalement inconnue, j'aurais même pu me permettre un rire. La réaction avait toujours été exactement la même chez toutes ces personnes qui ont une sacrée part de gourmandise dans leur petites faiblesses quotidiennes. EXACTEMENT. Dès que je me présentais à quelqu'un en tant que maître pâtissier, leurs yeux s'agrandissaient comme s'ils étaient des gamins à qui on annonçait gâteau au chocolat au desser. Et ce même sourire s'affichait sur leurs lèvres, ce même sourire qui s'affichait au même instant sur les lèvres de l'artificier qui se trouvait devant moi. Ce qui était plutôt bon signe pour moi; j'aurai de la clientèle intéressée par autre chose que leur baguette de pain quotidienne. J'avais les qualifications de boulangère, mais j'étais bien plus pâtissière dans l'âme; c'était quelque chose de bien plus fin, de bien plus artistique. Je ne sais pas. J'y prenais bien plus de plaisir. Et je m'étais demandée si beaucoup de résidents d'Underland voudraient réellement prendre le temps d'apprécier la qualité d'un délicieux dessert. Je m'étais demandée s'ils auraient toujours goût à ce genre de petits plaisirs sucrés, tout comme la jeune femme qui se trouvait en face de moi à griffoner son propre numéro sur un post-it à mon attention avait dû désespérer à trouver des prisionniers qui auraient voulu prendre la peine d'admirer le superbe spectacle visuel qu'offraient des feux d'artifice. Sans doute plus que je ne déséspérerais de trouver des clients sensibles à la bonne pâtisserie, puisque la gourmandise était une faiblesse récurrente. Mais d'une certaine manière, c'était un art qui demandait également beaucoup de temps et de précision, d'adresse. Cuisiner avec autant de finesse que Carlos me l'avait appris n'avait rien d'aussi facile qu'un banal gâteau fait quand on a un peu de temps pour se faire un petits plaisir sucré. Et j'imaginais bien qu'à Underland, les prisonniers n'avaient pas ce petit instant où ils se disent "tiens, si je me faisais un dessert super bon et super compliqué pour ce soir ?", ou encore "tiens, et si j'allais perdre une nuit à regarder des feux d'artifices ?". Non, vraiment pas.

    En tout cas, je sentais au fond de moi que j'avais eu sacrément de chance que la seule personne ayant un commerce d'armes à Underland soit sensible à la pâtisserie. Cela voulait dire que j'avais à coup sûr de quoi lui rendre service si j'en avais besoin d'un. Et ses mots confirmèrent mon intuition, alors qu'elle me tendit son numéro avec un sourire sincère, après m'avoir conseillé de le garder au chaud. Je le sentais bien; j'avais trouvé ma première alliée de l'En Dessous.

    - J'y veillerai.

    Lui répondis-je, en fourrant le post-it dans la poche arrière de mon jean.


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Kiss my love gun - [PV.]

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