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 « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »

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On peut faire d’un cadavre la plus belle des créatures
On peut faire d’un cadavre la plus belle des créatures

Délits : 39
Date d'arrivée : 14/10/2012

Description fédérale
Crime: Faute professionnelle
Toutes ces petites choses à savoir:

MessageSujet: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Dim 14 Oct - 18:13


Mon nom est Bond. James Bond.


NOM : Kjeldahl
Prénom(s) : Anthon
Surnom(s) : dit « Le Boucher »
Âge : 34 ans
Nationalité : Danois
Raison de sa présence à Underland : Faute professionnelle. Si, si.

Métier : Chirurgien
Une phrase qui caractérise son métier : On peut faire d’un cadavre la plus belle des créatures

Groupe : Prisonnier


Assis sur les genoux d’une mère pauvre, tout enfant est riche


CARACTÈRE :



Avez-vous déjà essayé d’attraper du vent avec les mains ? Sentir entre ses doigts la brise douce et glissante qui passait sans crier gare, ne prenait pas la peine de s’arrêter, de se demander ce qui avait bloqué sa route. Décrire les sombres remous de la psyché d’Anthon s’apparente à une telle tentative : qu’importe combien de temps vous l’aurez connu, à quel degré d’intimité vous avez gardé contact, jamais vous ne pourrez percer à jour toutes les facettes de son lui intérieur. Il est fort probable que lui-même n’en connaisse jamais la totalité. Son esprit est un labyrinthe dans lequel il vaut mieux ne pas s’immerger imprudemment. Nombre y ont perdu la raison. Le Danois n’est pas fou, loin de là, mais sa logique, si simple soit-elle, ne trouvait pas d’écho chez les psychologues. Ils l’avaient décrit ainsi, à la cour. D’après eux, il s’était fourvoyé sur le sens de la justice, mais conservait toute son intégrité mentale.
Assis sur le banc des accusés, il avait écouté la sentence avec calme et patience, comme à son habitude. Anthon n’est pas du genre à monter sur ses grands chevaux et sauter à la gorge du premier venu, hormis lorsqu’il est poussé dans ses derniers retranchements. Il analyse toujours la situation calmement, froidement même, avant d’émettre une hypothèse, un avis, avant de faire quelque chose. Il considère cela comme le moyen le plus sûr de ne pas se tromper, de faire le bon choix. On peut ainsi dire qu’il est plus que rationnel. Réfléchi, organisé, posé, c’est tant d’adjectifs qui lui conviennent. Et cette placidité fait de lui une personne de bon conseil. Raisonnablement. Bien sûr, il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qu’il dit. Comme tout un chacun, il fera avant tout pour son propre intérêt : on lui a appris à vivre comme ça, cette tendance s’est confirmée en arrivant ici. Il faut tout peser, négocier, balancer. Il faut chercher la petite miette, le hic qui peut te faire couper la tête. Quand on n’est pas scrupuleux, ça peut coûter cher, par ici. Hémoglobinement parlant, bien sûr.
Une fois ses décisions prises, Anthon n’hésite pas et ne recule devant rien pour les mettre en application. Il est intimement persuadé que ce qu’il fait est juste et n’en démordra pas. De par ce fait, il ignore jusqu’à la conception des mots « remords » et « regrets ». Ce qu’il fera, ce qu’il a fait et ce qu’il fait devra, devait ou doit être fait. C’est la fatalité si c’est lui qui s’y colle. Mais c’est une obligation. S’il ne le fait pas, les conséquences seront désastreuses. Mais il admet tout de même que ce qu’il a fait va parfois à l’encontre de la loi. Ce n’est pas une question de Bien ou de Mal qui prime lors des réprimandes, mais d’entorses aux règles. Il acceptera le châtiment sans broncher, s’il est justifié. Si tout ce qu’il fait est forcément « bien », ça n’en est pas pour autant toujours « correct » ou « légal » et ça, il le sait bien. Les lois ne se plient pas à ses valeurs, à sa morale ; elles sont la morale populaire. Celui qui en diverge est le mouton noir qui s’éloigne. Pas la chèvre, non, car personne ne le suit.
Et que parfois, il se jette seul dans le gouffre.

Lorsqu’Anthon commence à réaliser un projet, il s’y investit à fond. A tel point que ça peut vite se transformer en acharnement. Il déteste commencer une tâche pour ne pas la finir. Tout ce qui a été entrepris doit être terminé. Il en va de même pour les promesses. Pour les opérations. Quand bien même l’autre ne voudrait plus de lui, il reviendrait à la charge et l’assommerait pour finir son boulot correctement. Tout ce qu’il fait doit être bien fait. Une chose qui n’est pas finie est laide. Une chose qui n’est pas finie n’a pas de raison d’être. Si elle ne peut être achevée, elle doit être détruite. Et cela ne change pas grand-chose qu’il s’agisse d’une vie ou d’une canette de bière. C’est du pareil au même. Si tu ne peux pas guérir, alors crève. Le Danois est perfectionniste. Sans doute trop. Mais peut-il en être autrement, lorsque l’on est chirurgien ? Lorsque la moindre petite bévue peut causer une hémorragie, apporter la mort, les larmes et la vengeance ?
C’est ça et bien plus encore. L’homme aime son travail. Il l’adore, même. C’est sa raison d’être. C’est ce qui le relie à son passé mais aussi à son avenir. C’est ce qui le maintient en vie, le sauve chaque jour. Que seraient ses journées, s’il ne travaillait pas ? S’il n’appliquait pas minutieusement son art sur les corps écharpés de ses patients ? Sa passion ne se tarissait pas avec le temps, bien au contraire. Plus il exerçait, plus il lui semblait qu’elle prenait de l’ampleur, s’infiltrait dans son sang, dans ses gênes, dans chaque parcelle de son être. Pour sûr, quand on est sur le billard d’Anthon, on est entre de bonnes mains. Tant qu’il n’a pas décidé que c’était irrécupérable. Et tant qu’il a assez en échange. C’est ça aussi, être issu de la rue. On travaille bien, mais pas pour du vent.
L’homme reste tout de même quelqu’un d’assez altruiste, dans le fond. Evidemment. On ne devient pas docteur si on déteste les gens, si on veut les foutre dans la merde. Il y avait des limites à ne pas dépasser. Certes, c’était un assassin, un boucher, un type qui a perdu l’honnêteté en chemin à force de côtoyer les milieux défavorisés, mais il avait toujours au fond de lui cette envie de soulager les gens, que ça soit en les soignant ou en les euthanasiant – pardon, en les aidant dans leur suicide. Il allait juste au plus direct. Au plus concret. Sans faire de détour. Il évaluait les chances, posément, et choisissait en conséquence. Les aboutissants pouvaient paraître injustes aux autres.
Jamais à lui.

Malgré tout ça, malgré son calme, son pragmatisme, sa lucidité, son efficacité morbide, il ne faut pas croire qu’Anthon n’est qu’une machine à boulot. On pourrait certes le croire sans cœur et on ne serait pas loin de la réalité, mais il lui reste quelques fragments de vie sociale qu’il a acquis tant bien que mal. Il est donc d’une grande conversation, un compagnon de beuverie qui peut se révéler sympathique si on ne le chatouille pas sur les sujets sensibles ainsi qu’un amateur d’humour noir, qu’il savoure comme du bon vin. Un homme charmant, pourrait-on dire. Il rit peu, laisse parfois échapper ces sourires en coin qui veulent tout dire, apprécie sagement la plaisanterie, renchérit avec gravité s’il trouve moyen de la rendre plus alléchante encore. Difficile de savoir s’il plaisante ou pas ; il faut savoir repérer cette légère nuance qui teinte sa voix lorsqu’il fait une proposition loufoque. Savoir se repérer par rapport au contexte.
Mais peut-être est-ce aussi une manière de se cacher, de ne pas exprimer clairement ce qu’il pense, d’attendre un assentiment avant de s’embourber dans ce qu’il dit. Prudence est mère de sureté. Et il est bien plus simple de revenir sur une blague que sur une affirmation. On risque moins sa vie. Et Anthon, il y tient, à sa vie, comme tout un chacun.
« Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir » diraient certains.
Certes. Pour d’autres, ça n’était pas vraiment le cas. Mais s’y accrocher, c’était une manière de vivre, déjà. Et, en tant que docteur, la vie, c’était sa passion première. Tant qu’il y a de la vie, il y a du rêve.

Et puis bon, n’oublions pas son plus son amour obsessionnel pour les ours en peluches. Personne ne sait d’où ça lui vient, même pas lui, mais les ours en peluche, il adore. Les vrais ours aussi, d’ailleurs. Il a toujours voulu militer pour la sauvegarde des ours polaires au Pôle Nord et comptait y aller après son stage en Amérique latine mais la vie en a voulu autrement. Ceci dit, en étant coincé au milieu des nounours, il n’aurait sans doute pas fini au milieu d’un commerce de drogue. Drogue qu’il hait au plus haut point, ceci dit en passant. Mais là, y a une raison. C’est ce truc qui a foutu sa vie en l’air. C’est pas beau, c’est pas doux, c’est pas frais, et c’est pas « vraiment pas pratique » alors ça n’a aucun intérêt. A part de foutre les gens en taule.

Ce qu'il aime : Ce qui est beau.
Ce qu'il déteste : Ce qui est laid.



PHYSIQUE :



Devant lui, la glace semble prendre un malin plaisir à le narguer. Regarde donc ce type qui te fait face, Anthon. Regarde comme tu es tombé bas. Comme tes traits semblent tirés et appauvris. Le métissage cache bien les choses. Si tu n’avais pas eu cette couleur de peau, tu aurais un teint bien blafard, mon ami. C’est la misère de ta vie qui se reflète sur ton visage.
Il posa la main sur la glace, traça rapidement les contours de cette tête qu’il ne connaissait que trop bien. A laquelle il était confronté jour après jour. Il ne regrettait rien, non, les remords n’éteignaient pas son regard. Bien au contraire. C’est une sorte de rage, de joie indicible et indescriptible qui se peint dans ses yeux. Un soupçon d’indifférence s’y mêle bien souvent, s’y agglutine, s’y délie. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme. Ceux d’Anthon ne révèlent que ses doléances les plus sourdes, sa détermination la plus aveugle. Lui, qui s’était proclamé victime, juge et bourreau, n’a rien à y cacher. C’est un abîme qui le sépare du monde extérieur. Comme un voile qui l’étreint et l’emprisonne, l’empêche de voir ce qu’il devrait regarder, cache aux autres ce qu’ils voudraient observer. Ses faiblesses ne se trouvent pas exposées à la vue de tous comme de vulgaires torchons. Elles grandissent au fond de lui, secrètement, murissent, mais jamais ne fond surface.
Il ne le permettrait pas. Pas ici.

Il arrête sa main sur le léger bouc qu’il arbore. Il ne savait pas pourquoi, mais trouvait que ça lui allait bien, le bouc. Il ne se voyait plus sans et l’entretenait en conséquence. Il donnait une impression de prolongement à son nez aquilin, galvanisait encore l’harmonie de son visage. Anthon, s’il ne s’estimait pas « beau », n’en avait pas moins une impression nette d’esthétisme lorsqu’il se regardait dans un miroir. Il avait la bouche large, le visage délié. Il passe la main sur le reflet de ses cheveux courts, en bataille, ses favoris qui tombent en pics devant ses oreilles. Les boucles dorées qui siéent si bien à ses lobes sont les seules extravagances qu’il s’est permis d’ajouter à son visage. Il n’a pas voulu y rajouter d’imperfections, de creux, en payant pour avoir un piercing sur l’arcade ou entre sur la lèvre. Un sourire étira ses lèvres. Encore heureux. Avec quelle horreur il voyait ceux qui prenaient la décision volontaire de se mutiler pour un semblant d’esthétisme – la plupart du temps raté. Il se réjouissait de ne pas avoir commis cette erreur durant l’adolescence.

Il laissa retomber sa main, s’ébouriffa un peu les cheveux et s’arracha à la contemplation du miroir. Un dernier coup d’œil à la porte pour s’assurer qu’elle était bien fermée, un autre sur les vêtements qu’il avait posés sur le radiateur et il entra dans la douche, alluma l’eau, la laissa glisser le long de son corps noueux. Anthon n’a pas la carrure d’un bodybuilder. Il n’est pas vraiment très musclé, au contraire. La vie qu’il avait eue ces dernières années l’avait épuisé, tant physiquement que mentalement ; il est donc plutôt mince, même s’il se refait une santé, et n’entretient pas particulièrement sa musculature. Au fil du temps, il a préféré développer son intellect ; ça rapportait plus. Et maintenant qu’il est à Underland, il ne cherche pas à changer de tableau : mieux vaut exceller dans un domaine qu’être médiocre dans les deux.
La tête sous l’eau, il s’immerge, se lave de ses pêchés, de ses doutes, de ses envies. Sur ses avant-bras ballants, deux tatouages s’affichent. Les jointures de ses doigts, elles, ne retiennent qu’un mot : DEATH. Ces marques sont les seules cicatrices vraiment visibles sur son corps svelte. D’autres, plus petites, plus ténues, se cachent dans les replis de sa peau, sur ses épaules, ses hanches, le haut de son torse. De petites coupures irrégulières, fines et peu nombreuses viennent parfois accrocher ses jambes. Lui-même ne se souvient plus d’où elles viennent. Sans doute de petits accidents, un couteau qui saute, une fourchette qui tombe. Il n’a jamais été maltraité, ne s’est jamais scarifié. Son corps est imberbe de toute mutilation. Si son psyché a pris un dur coup lors des épreuves qu’il a traversées, il n’en a jamais éprouvé l’envie morbide de se détruire physiquement.
Il poussa un soupir, tourna le robinet pour éteindre l’eau. Le léger grincement qu’il produisait s’atténua rapidement, remplacé par le clapotis des quelques gouttes qui restaient accrochées dans le tuyau. Il sortit de la douche, attrapa ses vêtements encore chauds et s’y glissa. Rien d’exceptionnel dans ce qu’il portait. Anthon savait rester simple : jeans, T-Shirt, sweet. Il ne faisait pas étalage de sa vie, de son bien-être intérieur ou ce genre de conneries par rapport à ce qu’il portait. Ses fringues étaient souvent tachées, mais il était difficile d’en faire autrement, au vu de la vie qu’il menait. Et ça lui convenait. De toute façon, il n’avait pas le choix.
Un dernier coup d’œil sur la glace. Ça y est. Il était prêt à sortir.
Il enfila ses baskets, attrapa son bonnet au passage et ferma consciencieusement la porte derrière lui. C’était l’heure de l’apéro.



HISTOIRE :




Né à Bombay, Adil n’a pas connu la joie des familles écrasées par la pauvreté et surpeuplées. Au contraire, ses parents le rejetèrent dès sa naissance : il devint l’un des milliers d’orphelins qui sillonnaient les couloirs insalubres des orphelinats indiens. Il connut ainsi rapidement la misère de la rue, le vol, l’escroquerie, les taloches, les flics, la drogue. Pas forcément dans cet ordre-là. L’orphelinat, c’était comme la rue : marche ou crève. En fait, les gamins qui y trainaient étaient juste ceux qui avaient la chance d’être laissés par leurs parents à la naissance. Les autres finissaient plus ou moins pareil. Entre les enfants de putains et ceux des pauvres qui contractaient une maladie contagieuse sur trois et finissait par décimer la famille entière, il n’y avait pas de quoi se plaindre : en étant orphelin, on était pas trop mal loti. Certains étaient adoptés par de bonnes familles. D’autres non. La plupart tombaient chez des dealeurs ou des exploitants : dans ce pays où la population était déjà à son paroxysme, qui irait se plaindre de la disparition d’un ou deux gamins défavorisés, hein ? Ils n’étaient rien, ni pour leur pays, ni pour leur famille. Pour les habitants de la ville, ils étaient une plaie dont on n’attendait qu’une chose : utiliser leurs corps chétifs pour empoisonner les rats qui grouillaient dans les rues. Ils apprenaient à piller avec leurs aînés. Les plus jeunes, ils étaient utilisés pour amadouer les touristes pendant que les autres faisaient une razzia sur leur matos, leur bouffe, tout ce qui pouvait se revendre et leur apporter un moyen de substitution. De toute façon, leur ambassade les aiderait bien. Eux, ils devaient se débrouiller seuls. Ils n’avaient personne à qui réclamer des soins.
Que de fois ils avaient affronté la mort, dans les couloirs sanguinolents ! Certaines nuits, ils se cachaient sous les couvertures, l’oreiller par-dessus les oreilles, blottis les uns contre les autres, pour ne pas entendre les cris de leurs compagnons d’infortune. Ceux qui attrapaient les pires maladies. Ceux qui étaient attrapés par les pires salauds. Ils savaient se défendre, les gosses, mais pas assez. Qu’est-ce que vous voulez faire, face à des types comme ça, de toute façon ?
Et ça fusait. Et ça volait. Et ça criait. Et ça se sortait mutuellement de taule. Ils étaient tous au coude à coude, les enfants. Ils s’aidaient. Ils s’épaulaient. Ils pleuraient ensemble, parfois. Ils se félicitaient si l’un d’entre eux avait la chance de partir dans un bon endroit. Ils gémissaient lorsqu’ils en voyaient un autre embarquer pour le purgatoire. Les grands aidaient les plus jeunes, leur apprenaient les ruses du métier et ces jeunes-là, lorsqu’ils grandissaient, faisaient de même pour les derniers arrivants. Ils changeaient les couches des bébés, leur donnaient le biberon – mais pas trop, le lait coûte cher. Ils calmaient les plus petits lorsqu’ils réclamaient leur mère, allaient voler un quignon de pain quand leur ventre criait famine.
Le plus dur, dans tout ça, était de se dire que ceux qui n’étaient pas adoptés finiraient dans les rues, à mendier, à voler. Ils avaient neuf chances sur dix de finir tués avant d’avoir atteint la trentaine.
Que peut-on attendre d’un monde comme ça ?

Et puis, il y eut le miracle. Le jeune Adil avait six ans. La mode en Europe était à l’adoption de ces pauvres hères qui vivaient dans les pays asiatiques les plus surpeuplés. Il fut choisi parmi les gamins hurlants qui se précipitaient devant les portes de l’accueil pour aller chercher une vie meilleure dans les pays de l’Ouest. Une vie où on n’avait pas besoin de laver les pare-brises des voitures pour bouffer une bouchée de pain.
Il ne savait pas pourquoi, mais ce fut lui qui fut pris par le couple. Il n’avait pourtant rien fait d’exceptionnel. Il s’était contenté de suivre la masse infantile et fragile, tout ce trop-plein de déni affectif qui se tendait vers les deux êtres qui avaient passé le portail ce jour-là. Qu’avaient-ils perçu, au fond de ses yeux ? Qu’avaient-ils décelé en lui ? Qu’est-ce qui les avait attirés vers lui, lui le gamin à l’abandon, guère plus malheureux qu’un autre ? Plus petit, peut-être ? Plus fragile ? Chétif ? En un rien de temps, il avait changé de nom, de nationalité, de vie. Il était devenu Anthon Kjeldahl. Danois. Européen. Fils unique d’une famille certes modeste mais qui lui semblait bourrée de fric. Lui qui n’avait connu que les cartons et le manque d’intimité des chiottes des hospices, voilà qu’il avait un grand lit pour lui tout seul, des parents à lui, des choses concrètes qui lui appartenaient. C’était une sensation troublante. Il lui suffisait de tendre la main pour avoir un objet auquel il n’aurait accédé qu’après plusieurs mois auparavant.
Il s’était rangé. Il avait fait de son mieux. Bien sûr, ça avait été difficile au début. Très difficile. Il avait fallu le rééduquer. Lui apprendre la politesse. Les bases de la vie en communauté. Lui apprendre à demander, à ne pas prendre sans permission. Lui apprendre ce que c’était que la tendresse d’une mère, l’amour d’un père. Il avait fallu l’arracher à la rue, à ces taudis auxquels il se raccrochait comme à des repères. Petit à petit, il avait fallu lui apprendre à lâcher prise, à leur faire confiance à eux, les étrangers qui l’avaient arraché de son chez-lui, qui l’avaient pris à sa « famille ». Qui pouvaient à tout moment le l’y reconduire.
Il leur avait donné ce qu’il avait pu. Il avait fait de son mieux, vivant dans la crainte de retourner un jour là-bas, dans cet immonde bout de tôle froissée qu’ils appelaient leur repère. Il oublia le plus vite possible le hindi, refusa d’en placer un seul mot dans une conversation. Il réfuta tout ce qui a trait à son passé là-bas. S’il oubliait, on ne l’y ramènerait pas. C’était un enfant. C’était logique. S’il était gentil, s’il avait des bonnes notes, s’il faisait tout son possible, il ne retournerait pas là-bas. Il s’en persuadait.

Anthon devint l’élève modèle. Il était sage, il était attentif. Il n’était pas forcément brillant mais il s’accrochait de son mieux et sa grande motivation plaisait à ses enseignants qui s’acharnaient à lui faire passer ses diplômes dans les meilleures conditions possibles. Ce qu’il préférait, c’était voir la fierté dans le regard de ses parents lorsqu’ils ouvraient son carnet de notes. Il y en avait de biens meilleurs que les siens, de carnets, mais tous les encouragements des professeurs, tous leurs mots de soutien, tout cet enthousiasme débordant qu’ils infligeaient cruellement à cette pauvre feuille déjà bien amochée, leur tirait la larme à l’œil à chaque fois qu’ils les consultaient.
Il passa toutes ses épreuves avec brio, en travaillant comme un acharné. Il n’avait pas de vie sociale, ignorait jusqu’à l’existence du mot « festivité ». Il s’appliquait. Il voulait rester au Danemark. Même lorsqu’il grandit, même lorsqu’il devint évident qu’il ne retournerait pas à Bombay, la crainte sourde de repartir dans le prochain avion resta omniprésente. Alors il continua. Il ne laisserait personne le renvoyer là-bas. Même si les dossiers étaient à la limite du légal. Il se battrait pour rester dans sa famille. C’est ce qu’il disait. C’est ce qu’il faisait, même si, au fond de lui, il se demandait quelles étaient ses origines. Il aurait aimé savoir. Il aurait voulu connaître la raison de son abandon. Etait-ce par altruisme ? Par pudeur ? Ou bien parce qu’un enfant était trop encombrant ? Il finit par se décider. Sitôt ses premières études terminées, il partirait à la recherche de son patrimoine génétique. Il voulait savoir de quelle merde il était issu.

Et il le saurait. Il prit l’avion pour Bombay, traversa dans l’autre sens ces rues dans lesquelles il cavalait étant enfant. Elles lui parurent plus étroites, plus sales encore. Il vit des gamins, se fit voler, laissa faire. Il savait comment ils agissaient. Il savait dans quelle situation ils vivaient. Et puis, il était de l’autre côté de la barrière, maintenant. Il pouvait contacter l’ambassade.
Il revit ses « frères », ses « sœurs » d’infortune, qui ne le reconnurent pas. Il se sentit étranger à ce pays qu’il avait quitté, même si son cœur tendit à lui rappeler que c’était là que se trouvaient ses origines, dans toute cette merde pullulante. Il chercha l’orphelinat, retrouva aisément son chemin malgré le dédale ; c’était comme s’il n’était parti qu’hier. Devant lui, les portes, toujours aussi grinçantes, toujours aussi sales et peut accueillantes, lui crièrent de rebrousser chemin. Il n’y prêta pas attention ; il rentra. Il voulait savoir. Il voulait connaître les noms, les adresses.
De nom, il n’en eut qu’un, celui de sa mère : Ajeya. Il donna son adresse au conducteur du taxi crasseux, dans un mauvais accent danois. Malgré tout, malgré cette sensation d’appartenance, il cherchait à briser le lien qui le retenait à cette foutue ville. Il n’était pas d’ici. Il n’était plus d’ici.
Le taxi le déposa devant un semblant de bidonville dégueulasse qui tirait une tête plus horrible encore qu’une femme après une gueule de bois. Il lui donna quelque menue monnaie et le laissa se tirer, dans sa vieille guimbarde crachotante. Un dernier coup d’œil sur l’adresse, sur le nom. Il prit une inspiration et frappa à la porte.
Dans l’entrebâillement, c’est une petite tête d’enfant qui passa, suspicieuse. Il demanda Ajeya. L’enfant lui ouvrit et partit en courant appeler l’intéressée. Le choc de se retrouver face au fragment d’ADN qui l’avait engendré ne le fit pas plus bouillir que le fait de voir tous ces enfants qui s’agglutinaient dans les coins de la maison. Tous ces enfants plus jeunes que lui. Elle l’avait rejeté, mais avait gardé tous ses autres mômes ? S’il avait été stressé à l’idée de la rencontrer, cet état d’esprit n’avait fait que s’accroître en découvrant la ribambelle de frères et sœurs auquel il était confronté. Ainsi, le temps que la femme, à présent assez mure, ne se présente, sa colère avait doublé. Il fit néanmoins de son mieux pour se contenir et, malgré toute la haine qui le tenait, ce qu’il éprouva en la voyant ne fut qu’un regain de glace brûlante. Il la détestait, oui. Elle n’avait aucune excuse à son geste, quand bien même elle en chercherait. Il le savait à présent : qu’importe ce qu’elle dirait, il ne lui pardonnerait pas. Il avait certes eu une belle vie, une belle éducation, il avait grandi avec des personnes qui l’avaient choyé et gâté, mais il ne pouvait retenir cette rage étouffante qui lui serrait les entrailles. Il la sentait vrombir au fond de lui, serpent venimeux recroquevillé, attendant son heure.
Il avait malgré tout demandé des explications. Il n’avait eu qu’une réponse. Elle n’était, disait-elle, pas prête. Elle se confondait en excuses mais, à cet âge, ne pouvait pas abandonner sa vie d’étudiante pour élever un enfant, né d’une union impure avec un homme tout aussi impur. Il était un bâtard arrivé par accident. Elle avait déjà eu assez de mal à boucler sa vie sans lui, qu’aurait-elle pu faire si elle l’avait gardé ?
Il était reparti au Danermak, chez lui, sans un mot, sans un regard pour la bande de cloportes qui partageaient ses gênes. Il avait réussi. Il avait eu ses réponses. Il avait coupé le cordon.

Anthon décida de faire des études de médecine ; plus loin encore : il voulut aller dans la chirurgie. C’était les métiers les plus en vogue et, étrangement, ceux qui le rapprochaient le plus de son enfance. Il avait vu tellement de faux médecins déambuler dans les couloirs remplis de brancards entassés les uns sur les autres, délivrer de faux diagnostics et se faire payer pour ça. Il ne voulait pas devenir comme ça. Il voulait être un vrai médecin qui soigne les gens. Un vrai médecin qui aide les gens.
Ses parents adoptifs firent tout leur possible pour l’aider à atteindre son but. Ils lui payèrent les meilleures écoles. Lui firent rencontrer les meilleurs du métier. Lui-même se surpassa pour se surclasser dans tous les domaines, briller aux concours et aux examens. Puis il y eut le stage.
Et sa vie s’écroula.

La mise, pour les meilleurs, c’était d’aller faire son stage dans un pays défavorisé, souvent d’Amérique latine. Son immersion à lui se passa à Carthagène, en Colombie. Là-bas, les hôpitaux étaient insalubres, les médecins enchaînaient les heures aux urgences, pratiquaient pour la plupart les extractions de balles, traitaient les overdoses. Les trois quarts des salles étaient bourrés de patients qui atterrissaient là suite à des règlements de compte. Ne parlons pas des accouchements. Pratiqués à ciel ouvert, avec du matériel à peine nettoyé, ils finissaient souvent en drame. Mais les urgentistes avaient plus de « chance » que beaucoup : du fait de leur pauvre nombre, ils n’étaient pas inquiétés par les gangs. Tous avaient besoin d’eux. Essayaient de les ranger de leur côté. S’en faisaient des alliés pour les uns. Refusaient catégoriquement d’être opérés par d’autres.
Anthon tomba là-dedans comme une fraise dans la soupe. Son appartement, situé dans les banlieues friquées, le tenait à l’écart de tout commerce illicite. Un taxi venait le chercher le matin. Lui faisait traverser sans encombres particulières les rues embourbées de Carthagène. Le redéposait le soir.
Il était comme enfermé dans ce semblant de plénitude que lui offrait son maigre bien immobilier. Il n’aurait pas pu décrire la ville à quiconque le lui aurait demandé. Il n’en connaissait que la laideur des rues qu’il traversait en début et fin de journée, laideur accentuée encore par cet épais voile que l’on collait à ses fenêtres pour le cacher aux yeux des autres. Il pouvait décrire l’odeur, cette odeur insoutenable qui s’infiltrait par les voix d’aération et lui serrait la gorge chaque fois qu’il avait le malheur de la humer. C’était l’odeur de la pauvreté, du vice. L’odeur de sa propre déchéance. Il pouvait raconter les cris des enfants qui vendaient à la sauvette, vêtus de haillons. Il pouvait raconter l’horreur de ses propres souvenirs qui ressurgissait chaque fois que le chauffeur accélérait pour ne pas se retrouver coincé par ces « rats » qui venaient lui mendier du pain.
Et surtout, il pouvait raconter l’hôpital, les dessous de table, l’ingérence des médecins. Il pouvait raconter comme on lui avait dit, une fois, de ne pas s’approcher de cette patiente, brûlée au troisième degré. De la regarder mourir à petit feu, au milieu de tous ces hurlements atroces que poussaient les plaignants. Il devenait fou. Et rien, rien ne pouvait l’en sortir. Il n’en avait pas le droit. Il était prisonnier de sa propre liberté. Ironique, non ? Comme elle pouvait le rendre malade, cette liberté qu’ils lui enviaient.

Alors qu’il sombrait, petit à petit, dans la démence, il avait reçu la lettre. Sa mère biologique, défunte, n’avait eu d’autre idée que de confier la garde de son dernier rejeton à ce gamin qu’elle n’avait vu que deux fois, quand elle l’avait mis au monde et quand il s’était pointé chez elle en l’accusant de l’avoir renié. Cet homme maintenant, qu’elle ne connaissait pas. Lui, Anthon, il devait s’occuper de sa toute dernière « sœur ». Celle qui lui avait ouvert la porte. Elle passait d’un pays de vices où elle déambulait dans les rues à un autre où elle serait un oiseau en cage. Il voulait refuser la garde. La rejeter. De toutes ses forces. Il sentait, au fond de lui, ce bouillonnement qui lui ordonnait un refus. Mais il ne pouvait pas. Parallèlement en lui, montait cette angoisse qu’il héritait de sa prime jeunesse. Il ne pouvait pas laisser un enfant, quel qu’il soit, vivre cette galère dans laquelle il avait grandi.
Lorsque la petite arriva, tout son être la rejeta d’un seul bloc. Il ne pouvait pas l’expulser, mais la chérir était au-dessus de ses forces. Elle lui ressemblait trop, avec ses cheveux noirs de jais, ses yeux d’ébène. Il lui interdisait de sortir, lui astreignait les mêmes restrictions qu’à lui. Il cherchait des jouets pour l’occuper pendant qu’il travaillait. Passait le soir comme une ombre, la nourrissait. Jamais il ne franchit le pas qui l’aurait arraché à ce rôle d’inconnu velléitaire à celui du grand frère bienveillant. Il s’assurait juste de sa sécurité, sans jamais se plonger dans ces relations filiales qu’elle aurait sans doute voulu avoir. Qu’elle trouva ailleurs. En sortant. En fréquentant les enfants de la ville. En chahutant avec la jeune populace.
En le plongeant, sans le savoir, dans cet abîme qu’était la pauvreté de Carthagène.
Lorsqu’il s’en rendit compte, c’était trop tard. Le mal était fait. La petite était au cœur d’un trafic d’héroïne qui prenait cours dans la ville. Il ne pouvait plus rien y faire, à part suivre le mouvement, limiter les dégâts. Il aurait voulu rentrer au bercail, mais cela aurait signifié l’arrêt de ses études. Il devait être capable de finir son stage ici. Et puis, il ne restait plus qu’un mois. Que pouvait-il bien se passer en un mois, hein ?

Tant de choses. Trop de choses. C’est fou comme une situation honnête et respectable peut vite dégénérer, lorsque l’on se rapproche d’un peu trop près du crime. Il tenta de protéger la petite. Se retrouva, lui aussi, immergé dans ces histoires de deals, de fraude. Dans ces histoires de gangs. Il commença à avoir des interdits. Dut rentrer dans les rangs. Pour de bon. Il partait plus tôt le matin, rentrait plus tard le soir. Pour s’occuper de tous ces gamins qui étaient entrainés dans la roue machiavélique de la décadence, de la rue. Il soignait les plaies, refaisait les bandages, extrayait les balles de « son » gang. Pareil à l’hôpital, sauf qu’il incluait les civils. Son état empirait. Il ne dormait que peu. Ne mangeait quasiment plus. Ses traits s’étaient creusés, la fatigue le tenaillait. Mais il devait le faire. Pour la petite. Parce que malgré tout ce qu’elle représentait pour lui, le dégoût, l’horreur que lui inspirait son enfance, il n’avait pas le droit de la priver de la sienne.
Et puis, le drame. Une bataille rangée, pendant qu’il travaillait. Un gamin fut tué, un des amis de la petite. L’un des ennemis du gang est grièvement blessé et conduit à l’hôpital. Il refuse de le soigner.
Le sang appelle le sang.
C’est une guerre qui éclate. Il y a d’autres blessés, dans les deux camps. Il craque. Il change de stratégie. Puisqu’ils attaquent à cause de son refus, il soignera. Négligemment. Avant que l’enfant ne soit blessée.
Il oublie de raccorder une artère suite à une opération cardiaque.
Il oublie de cautériser la plaie suite à une amputation.
Il enchaîne les fautes professionnelles, entraine la mort de ceux qui n’ont plus le droit de vivre. Dans l’hôpital, on lui donne même un surnom. « Le Boucher », qu’on l’appelle. On le souffle dans un murmure discret, on n’est pas sûr qu’il provoque consciemment la mort de ses patients. Il n’est plus le seul à attendre son rapatriement.
Le jour promis arrive. Il ramasse ses affaires et celle de la petite. Elle n’est plus là. A la place, un mot, un simple mot. Un rendez-vous. Important, qu’on lui dit. Si tu ne viens pas, elle mourra, qu’on lui dit.
Il prend le nécessaire, se rend dans cette chambre d’hôtel à laquelle on l’a convié. Arrive trop tard. Ou juste à temps pour le voir tirer et lui rire au nez. Le sang appelle le sang.
Il tire, ferme la porte.
C’est à côté du corps mutilé du kidnappeur, scalpel en main, que la police l’arrêtera. Il ne plaide pas la légitime défense. Il ne plaide rien. Il accuse le regard de ses parents mais ne s’excuse pas. Il a fait ce qu’il devait faire. Il ne ressent ni remords, ni peine. Au contraire. C’est avec une sorte de jubilation mêlée à du soulagement qu’il avance, les mains cerclées par les menottes. C’est fini, maintenant. Il a tué son passé.
Et il paiera pour ses actes. Dans l’enfer des criminels.


Sweet dreams are made of this


Les fraises, c’est bon


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Depuis combien de temps faites-vous du RP? 3 ans
Avatar de votre personnage : Trafalgar Law – One Piece
Comment avez-vous connu le forum ? J’peux utiliser mon joker ?
Commentaire ? … Et là, je peux utiliser mon joker ? Bref. ça manquait de testostérone, par ici.
Et enfin, le code : Ben, si on a pas assez de fric pour acheter des billes, on peut se servir de ça pour imiter les yeux des bestioles qu’on a empaillées. En plus, c’est biodégradable.



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Il en est des médecins comme des avocats. La seule différence c'est que l'avocat se contente de vous voler alors que le médecin vous vole et vous tue par la même occasion.
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Drogué : individu coupé de la société, car la came isole.
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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Lun 15 Oct - 17:52

Saaaluuuut et bienvenue ! (Bah ouais faut être polie Coca attend .. *tousse tousse*)

J'pense pas te dire "Bonne chance pour ta fiche" puisqu'elle a l'air terminé x)
Bref, stop la pollution, Bibi a du pain sur la planche ♥ (Oui vous avez compris : de la drogue à vendre).


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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Mar 16 Oct - 17:13

Bienvenue ! =)
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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Mar 16 Oct - 17:44

Hello !

Bienvenue à toi !

Figure toi que j'ai flipper quand le début de la musique à commencer xD Je me demandais vaguement d'où venait ce son étrange ^^"
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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Mar 16 Oct - 21:37

Merciiiiiiii *gonfle les pectoraux*

Meuuuh, Perle, faut pas avoir peur de moi, voyons. *planque les bras qui dépassent de la poubelle*


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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Sam 20 Oct - 18:03

Bienvenue.

Félicitation, tu es validé, monsieur le boucher ! Dès maintenant, tu peux faire ta fiche de relation, aller flooder ou aller squatter la chatbox à ta guise.


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Règle #2 : Si le Passeur a tort, se référer à la règle #1
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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Sam 20 Oct - 18:10

Te regarder bosser, ça doit être fun xD
Bref, bienvenuuuuuue * balance une patate à la figure*


Si être bizarre signifie être différent, alors être bizarre n'est pas forcément une mauvaise chose.
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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Dim 21 Oct - 8:34

Merci!!
Jack, on se fait une séance quand tu veux! Tu prendras la formule avec ou sans organes éparpillés ?


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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Dim 21 Oct - 9:46

Avec, bien évidemment 8D Tant que ce sont pas mes organes que tu prends.


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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   Dim 21 Oct - 11:31

On va bien réussir à s'organiser ça ~ Tu fournis le chloroforme ?


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MessageSujet: Re: « Voyons, enfin ! Les ordures, ça va dans le broyeur, mais les bras et les cheveux, ça va à la poubelle ! »   

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